frodi nel settore delle telecomunicazioni

La fraude dans les télécommunications sur le continent africain

La fraude des télécommunications est devenue une chose à ne pas sous-estimer dans le continent africain.

En 2015, l’Association de contrôle de la fraude dans les télécommunications (CFCA) a estimé que les opérateurs de réseaux mobiles ont perdu plus de 38 milliards de dollars en fraude et perte de revenus. En termes de pourcentage, ce chiffre dépasse le montant perdu par les revendeurs et demeure un sérieux problème pour les opérateurs.

Plus de 60 % des opérateurs interrogés ont estimé que leur entreprise perdait au moins 2 % de chiffre d’affaires à cause de la fraude, et plus de 40 % d’entre eux estiment que ce montant est compris entre 3 et 6 %.

Avec les pays d’Europe de l’Est, l’Afrique est considérée par les opérateurs internationaux comme l’un des pôles de la fraude contre les opérateurs de réseaux mobiles. Les opérateurs de réseaux mobiles en Afrique ont toujours souffert d’une fraude appelée Bypass ou SIM Box.

Les opérateurs de réseaux mobiles sont payés par le client pour la connexion ou la « terminaison » d’un appel dans un pays. Le coût de la connexion d’un appel international peut être plus important que le coût d’un appel de mobile à mobile local dans un même pays.

Dernièrement, les opérateurs ont dû faire face à une nouvelle menace pour leurs revenus, qui pourrait être beaucoup plus grave que la fraude par SIM Box. Il s’agit du Piratage Over The Top (OTT), et d’après un récent sondage de Revector, spécialiste de la lutte contre la fraude dans les télécommunications, effectué sur plus de 16 opérateurs en Afrique, il pourrait entraîner une perte de plus de 50 % sur les revenus de terminaison.

perte de revenus

Des applications OTT, telles que Viber et WhatsApp, ont proactivement revendiqué la capacité à terminer les appels, à vendre ce service sur le marché libre, et directement à certains opérateurs dans différents pays.

Concrètement, cette nouvelle menace signifie que des personnes appelant un pays différent composent le numéro sur leur clavier, comme d’habitude, mais que, lorsque le destinataire répond à l’appel, il ne s’agit plus d’un appel téléphonique normal, mais d’un appel entrant provenant d’une application vers une application vocale ou de messagerie.

Il n’est question ici que d’une approche à très court terme. Les revenus perdus pour l’opérateur du réseau mobile finiront par représenter un manque d’investissement dans ses réseaux, ce qui génèrera une baisse de la qualité pour tous (y compris pour le fournisseur OTT).
Cette pratique est actuellement répandue dans l’ensemble du paysage des télécommunications en Afrique, et constitue la plus grande menace pour les revenus des opérateurs de réseaux mobiles (et de lignes fixes).

L’enquête de Revector auprès des opérateurs mobiles a révélé que sur les 70 % des opérateurs ayant subi un détournement OTT, la perte moyenne de revenus par rapport aux 12 mois précédents avait progressé de 21 %. Certains opérateurs ayant même enregistré des pertes dépassant 60 % des revenus d’interconnexion.

Là où il y a de l’argent à gagner, la fraude n’est jamais loin

Dès que de nouvelles opportunités de revenus sont disponibles, de nouvelles fraudes apparaissent.

Sur le continent africain, les fraudeurs continuent à considérer les opérateurs de réseaux mobiles comme une riche manne de gains illicites. Les conséquences à long terme sont plus importantes que de simples baisses de revenus pour les opérateurs : avec un lien si étroit entre les communications mobiles et la productivité à l’échelle du pays, elles peuvent constitué un frein au développement économique de l’ensemble du continent.