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Tunisie, horizons de croissance

UN VÉRITABLE PONT ENTRE LA ZONE MÉDITERRANÉENNE, ET LES MARCHÉS AFRICAINS, LA TUNISIE PRÉSENTE DE GRANDES POTENTIALITÉS DE CROISSANCE, COMME NOUS EXPLIQUE GIOVANNI OTTATI, PRÉSIDENT DE CONFINDUSTRIA, ASSAFRICA & MEDITERRANEO

Pour trouver de nouveaux marchés avec d’importantes possibilités de développement, il est inutile de traverser les méridiens de la terre. Certaines fois, il suffit de regarder les pays relativement près de nous, comme c’est le cas pour la Tunisie. Un marché assez petit, avec environ un peu moins de 11 millions d’habitants, mais avec de fortes perspectives de croissance, d’autant plus parce qu’aujourd’hui il représente un croisement stratégique dans la Méditerranée, un pont entre l’Union européenne et les marchés émergents de l’Afrique du Nord et de l’Afrique subsaharienne.

« Sans aucun doute le moyen le plus indiqué et qui s’est démontré le plus efficace c’est la coentreprise avec un partenaire local »

Et ce n’est pas simplement une question de position géographique, comme souligne Giovanni Ottati, président de Confindustria Assafrica & Mediterraneo : « La Tunisie est un pays fort, stable sur le plan politique et social et avec une population jeune et bien instruite. En outre, ces dernières années elle a prouvé qu’elle était un partenaire sérieux et fiable, un allié dans la lutte contre l’intégrisme et le terrorisme islamique, avec une grande capacité d’absorber les flux migratoires. Je le dis en connaissance de cause de ce pays, étant donné que j’y ai passé mon enfance et qu’à partir de 2009 j’ai une entreprise qui opère en Tunisie. »

Un mélange de caractéristiques qui a déjà capté l’attention – et les investissements – de nombreuses entreprises italiennes. Notre pays est en effet le deuxième partenaire commercial de Tunis, avec un échange commercial bilatéral qui s’est élevé en 2017 à environ 5,6 milliards d’euros. Et si aujourd’hui les deux tiers des exportations tunisiennes concernent le secteur textile – avec une présence déterminante des entreprises italiennes – en réalité les potentialités sont vraiment nombreuses, dans les secteurs les plus divers : « À court terme, explique encore Ottali, d’abord pour le secteur de l’Information Technology, mais aussi des énergies renouvelables, où néanmoins le renforcement de notre présence est essentiel et par conséquent la présence de ENEL Green Power et ENI sera indispensable. Puis, un deuxième investissement stratégique auquel l’Italie doit encore faire face en Tunisie est lié au secteur bancaire et financier, en espérant que plusieurs établissements de crédit participeront directement. Ensuite, il y a les réseaux ’’cross border’’ mer et terre, dans les télécommunications et dans la transmission électrique avec l’Algérie et la Libye, où la présence des entreprises italiennes pourrait être renforcée si nous réussissions à profiter des couloirs et des processus d’intégration qu’il y a entre ces deux pays ».

Donc, un marché riche en opportunités, qui cependant demande aux entreprises une vision à long terme : « Sans aucun doute le moyen le plus indiqué et qui s’est démontré le plus efficace c’est la coentreprise avec un partenaire local, explique Ottati. Ces coentreprises dans une première phase doivent être conçues comme synergiques à l’activité et intégrées avec la base opérationnelle en Italie, et successivement il faut

créer les conditions pour que ces sociétés locales puissent être ensuite parfaitement autonomes et indépendantes à l’égard de la base opérationnelle italienne. Pour ainsi dire, les entreprises italiennes doivent prévoir un investissement développé sur 20 ans au moins, dont les dix premières années sont nécessaires pour s’intégrer et connaître les perspectives du marché et puis, dans la décennie suivante, réussir à en tirer pleinement profit sous tous les rapports, devenant elles-mêmes non seulement autonomes, mais aussi en mesure de créer de nouvelles opportunités de développement, par exemple dans les marchés à proximité de l’Afrique subsaharienne ».

Dans cette perspective, une aide concrète est aussi en train d’arriver de la part des représentants du monde de l’entreprise, avec Assafrica en première ligne : un important contrôle sur les possibilités dans le secteur de l’Information Technology, avec une attention toute particulière sur l’intelligence artificielle et Data Analysis, secteurs dans lesquels en Tunisie des entreprises avec un potentiel intéressant sont en train de se développer. « Comme Assafrica – conclut Ottati – nous envisageons de promouvoir les synergies que ce soit dans le secteur Information Technology, en organisant même un événement en Tunisie, ou dans le secteur énergétique ».

 

INVESTISSEMENTS

LE CÂBLE SOUS-MARIN

« Ces dernières années, nous avons perdu beaucoup de temps avec la Tunisie, notre système industriel ne s’en est presque pas aperçu. Le premier investissement que le système industriel italien devrait faire est lié au secteur énergétique et aux énergies renouvelables. La réalisation d’un câble sous-marin pour le transport de l’énergie électrique – accompagné d’investissements dans

 les énergies renouvelables avec une forte présence des entreprises italiennes dirigées par ENEL Green Power

 et ENI – pourrait être le projet de réalisation fondateur pour l’intégration industrielle et pour créer les conditions pour un important développement de la Tunisie. Il y a les licences, il y a toutes les conditions pour un développement primordial dans ce secteur, mais l’investissement sur ce câble électrique sous-marin est fondamental. L’année dernière, en février, cela semblait chose faite après la rencontre avec le président tunisien Beji Caid Essebsi, mais il ne s’est rien passé et en réalité actuellement il n’y en a plus trace ».

Giovanni Ottati, Président de Confindustria Assafrica & Mediterraneo

 

L’Italie en Tunisie

  •  850 sociétés
  • 63.000 emplois
  •  5,6 milliards d’euros d’échanges commerciaux
  •  + 2,3 % PIB en 2017
  •  + 3,3 % PIB en 2019

 

Un article de GIOVANNI BREGANT

 

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